12.18.2008

Je vais publier ici, 2 des 7 questions restantes de l'interview de Liberty Vox avec Guy Millière et auxquelles j'avais omis les réponses, parce que l'interview était trop long (Réf. dans l'article "Vive l'Iran, mon commentaire du: 2008-01-24 20:48:07 .
Si je cite souvent Guy Millière, c'est que je suis parfaitement d'accord avec sa pensée.

LV: VOUS ÉTIEZ FAVORABLE À LA GUERRE EN IRAK, NOUS VOUS OFFRONS UNE DERNIÈRE CHANCE DE CONVAINCRE LES ANTIS-GUERRE. QUEL BILAN EN TIREZ-VOUS AUJOURD'HUI?

GM: Je pense que les anti-guerre, qui ne devraient pas être hypocrites et avouer franchement qu’ils étaient favorables au statu quo et donc favorables au maintien de Saddam Hussein au pouvoir, ne seront jamais convaincus qu’ils avaient tort. Ils ne sont pas pacifistes, mais amoureux de tout ce qui détruit la liberté individuelle et les droits de l’homme. Leurs parents manifestaient en faveur des communistes vietnamiens et des khmers rouges. Leurs grands parents idolâtraient les tueurs du FLN algérien ou Joseph Staline. Plus tard, ils ont reporté leur amour sur Mao, sur Fidel Castro, sur Arafat et autres criminels du même acabit. Qu’ils aient préféré Saddam Hussein n’a rien d’étonnant. Qu’ils disent aujourd’hui qu’on n’impose pas la démocratie par la guerre devrait les inciter à relire l’histoire. C’est par la guerre que l’Europe a été libérée du nazisme et, si la guerre était venue plus vite, des millions de vies auraient été épargnées et la Shoah aurait pu être évitée. C’est par la guerre que le Japon est devenu démocratie et, là aussi, on aurait pu arrêter Hiro Hito avant. C’est par la «guerre froide» qui, en Corée, au Vietnam, en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, a pris parfois des allures de «guerre chaude», que l’Union Soviétique a fini par être vaincue. Si l’on ne combat pas le mal, il avance. Les anti-guerre sont en fait des compagnons de route du mal et du totalitarisme. Je leur souhaite de devenir compagnons de déroute.

Le bilan que je tire de la guerre en Irak est que l’Irak est un pays où la liberté avance: que ce pays ait connu des élections au suffrage universel, qu’il ait un président kurde, qu’il s’y publie librement des dizaines de journaux de toute tendance, que le quiétisme de l’ayatollah Sistani puisse y parler de démocratie islamique, tout cela me semble extraordinaire. Et tout cela va non seulement assurer un avenir plus libre et plus prospère pour les Irakiens, mais renforcer le vent de liberté et de réforme qui souffle aujourd’hui sur le monde arabe. Bilan très positif donc. Une police et une armée de l’Irak libre sont en train de se constituer et je rends hommage à leur courage. Les islamistes et les derniers saddamistes continuent à faire des attentats, et c’est effroyable, mais ils savent qu’un Irak stable, décent, prospère, fera tache d’huile. C’est un épisode décisif de la bataille pour le cœur de l’islam qui est en train de se jouer. Le bilan aurait été plus positif encore, si la France ne s’était livrée à des manœuvres de diversion, pour tenter de sauver l’ancien régime et pour donner le temps à celui-ci de disséminer des caches d’armes, et de faire disparaître les armes chimiques et bactériologiques dont Saddam disposait. La France ne sort pas grandie de cet épisode. Et la façon dont l’information est faite concernant l’Irak en France est scandaleuse. On ne parle de l’Irak que quand un attentat a lieu. On ne montre jamais les avancées de la liberté, qui sont pourtant très réelles. Les dirigeants de la diplomatie française ne veulent pas dire qu’ils se sont déshonorés. Et les grands médias ne veulent les contredire. Je pense aussi que certains partisans de la paix, et donc du maintien de Saddam et des charniers de Saddam, jouissent en voyant les attentats en Irak: dans leurs fantasmes, des gens qui tuent des Irakiens aspirant à la liberté ne peuvent pas être tout à fait mauvais.

LV: PENSEZ-VOUS QUE NOTRE CULTURE DE LA DÉMOCRATIE SOIT COMPATIBLE AVEC LE MONDE ARABE EN GÉNÉRAL ET L'ISLAM EN PARTICULIER? VOYEZ-VOUS VRAIMENT À COURT OU MOYEN TERME UN ÉTAT ARABO-MUSULMAN DEVENIR DÉMOCRATIQUE?

GM: Oui, l’Irak est en train de devenir démocratique et de devenir un Etat de droit, et je ne doute pas que cela va donner des idées aux populations du monde arabo-musulman. L’ayatollah Sistani représente une vision modérée del’islam shiite, tout à fait compatible avec la démocratie. Au sein de l’islam sunnite, des intellectuels commencent à se faire entendre et parlent de réformes démocratiques nécessaires. Le combat crucial du vingt et unième siècle est le combat pour un islam réformé, compatible avec la démocratie et le développement économique. C’est un combat immense, mais il n’y a pas d’autre choix que de le mener. Le maintien du monde arabo-musulman dans le sous-développement et l’absence de liberté serait dramatique en ce que cette situation permettrait à l’islamisme de perdurer. Or l’islamisme doit être vaincu.

Nous sommes dans une époque d’optimalités technologiques, ce qui peut servir au bien et à la prospérité, peut aussi servir au mal, il ne faut jamais l’oublier. Dire que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie, c’est rentrer dans un schéma de guerre de civilisations et faire le jeu de Ben Laden et de Zarqawi. Faire le pari inverse et tout faire pour se donner les moyens de faire le pari inverse, c’est tendre la main au monde musulman et lui dire que ce n’est pas l’islam que nous rejetons, mais ses interprétations dogmatiques et extrémistes. Les musulmans ont leur place dans la Civilisation avec un grand C. Le combat est entre la Civilisation avec un grand C et la barbarie totalitaire, entre le monde connecté de la globalisation et ceux qui veulent maintenir des déconnexions et des dysfonctionnements, ou veulent détruire la connexion. Il faut avoir une vision planétaire des choses. C’est au nom de cette vision planétaire que je dis aussi que l’ouverture de l’Occident à la Turquie, l’arrimage de la Turquie dans la Civilisation avec un grand C, est très important. Il faut discerner les spécificités de l’islam turc, sa diversité, il faut connaître ses penseurs et rompre avec une turcophobie primaire.

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